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"ÊTRE DE PASSAGE" de Gilbert CORBIERES

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Michel SIDOBRE
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J'ai été impressionné, moi qui n'y connaît rien, de la façon dont Gilbert CORBIERES a tourné ce film : "ÊTRE DE PASSAGE" avec un appareil photo qui fait caméra.

Si vous pouvez donner vos avis cela nous aidera...

Michel SIDOBRE

Le film:

:eusa_clap:

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Bonjour,

jolie évocation poétique, et recherche esthétique des plans de tournage. Mais :

- au début, le promeneur fait des efforts désespérés pour ne pas regarder la caméra (ici un APN) : la tête un coup à droite, un coup à gauche, ..... Ca ne fait vraiment pas naturel !

- ensuite, la caméra insiste de nombreuses fois sur le bord de l'eau et sa frange d'écume dont la beauté ne m'a franchement pas sauté aux yeux. C'est un choix du réalisateur qui mérite explications :eusa_clap:

- à la fin, je n'ai pas compris à quoi servait l'accélération, sur le plan d'eau, de la barque avec son moteur hors-bord .....

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Durs??? Moi je ne trouve pas ... et pourtant c'est moi qui l'ai réalisé ce petit film.

Comme toute chose que l'on fait et que l'on montre il faut s'attendre à des remarques, critiques..

des "j'aime ou je n'aime pas', ou des "je ne comprends pas".

Toute personne qui regarde un film, une photo, un tableau ...peut importe se l'approprie et donc l'objet nous échappe.

Celui qui ne peux accepter cela ne doit rien montrer, me semble t il. :)

Perso, en tout cas, je trouve ces remarques plutôt constructives.

le trépied tressote: soit j'aurai du l'accentuer pour semer un peu plus le trouble...mais dorénavent le trépied photo léger utilisé depuis + de 45 ans est remplacé par un trépied cinéma plus résistant au vent.

le marcheur qui regarde à gauche ou à droite: il m'apparaît plus naturel ainsi que quelqu'un qui marche droit dans regarder , même si c'est un être de passage... et surtout si c'est un être de passage

la caméra insiste sur le bord de l'eau pas tant que cela mais c'est aussi la frange, la marge, la limite entre deux mondes, voici pourquoi

l'accélération du bateau... tout d'abord en 720pou 1080p il n'y a pas d'accélération et ensuite c'est l'un des rares plans où je me suis vraiment posé, au moment, la question de son utilité - l'auteur du texte en a lui accepté l'idée...

Perso j'y trouve beaucoup de défauts ( tournage, choix des plans, montage ) que vous, je suis plus sévère envers moi, mais chaque film est une étape, un exercice différent à chaque fois et autant en photo je connais, autant en cinéma j'apprends et depuis peu.

Mais une chose est sure, je vous réponds en toute sérénité, en acceptant les remarques car ce que je penses c'est que tous nous aimons le cinéma,et c'est bien làle principal.

@+gilbert.

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...... le marcheur qui regarde à gauche ou à droite: il m'apparaît plus naturel ainsi que quelqu'un qui marche droit dans regarder , même si c'est un être de passage... et surtout si c'est un être de passage .........

J'ergote un peu, mais le marcheur du film ne présente pas vraiment une attitude naturelle. Quand on marche, on est concentré, méditatif ou rêveur. On a le regard fixe, projeté au loin, comme pour voir la route à venir, ou au contraire les yeux dirigés vers le sol pour examiner la trace que l'on emprunte ... sans vraiment la regarder d'ailleurs.

Je ne vois pas pourquoi un marcheur contemplatif et rêveur se comporterait comme dans le film. Mais bon, ça reste un détail ...

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Chacun à une vision toute personnelle ...!!!

Chacun à sa manière de marcher, moi quand je marche je suis présent et donc j'observe...ce n'est pas une marche automatique dans laquelle je place mon esprit ailleurs, je suis présent, là et maintenant.

Contempler, c'est regarder et donc ce n'est pas méditer face à un paysage ou avoir le regard entré en soi; là, dans cette situation, à l'insu du personnage , c'était sa démarche.

Je me refuse personnellement à entrer dans des codes, dans des cadres, qui font que pour rêver il faut avoir cette position, pour marcher il faut avoir celle-ci, pour contempler il faut celle-là.

J'ai appris la technique, les codes et j'ai mis tout cela attaché dans un sac et ce sac là a été jeté au loin, très loin...surtout ne pas répondre: " hé,tu l'as jeté trop loin !!!"

:D

Mais autant je comprends votre vision , autant essayez de comprendre la notre.

Et si cela ne marche tant pis pour vous et surtout tant pis pour nous.

Ceci dit je comprends parfaitement votre "manière" et ma réponse se veut " non irrité, juste explicative" je précise cela tant il est vrai que des réponses écrites peuvent toujours être mal perçues et la froideur de l'écran transformer une réponse qui se voulait tranquille. :lol:

@+gilbert.

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Votre vision est très respectable. Pour ma part, je crois qu'un film petit ou grand, amateur ou professionnel, se doit de répondre aux codes généralement connus et utilisés par le plus grand nombre, simplement pour être compris et accepté.

Par contre, on peut vouloir présenter des comportements, des attitudes ou des situations de manière différente et non conventionnelle. Encore faut-il l'expliquer pour impliquer le spectateur et le faire venir sur son chemin et sa réflexion. Sans lexique pour décoder dès le départ, le risque est de surprendre le spectateur sans réussir à capter son attention et le faire adhérer à sa vision. C'est comme ça que de grands réalisateurs sont restés longtemps incompris ou peu appréciés ... sauf d'un cercle d'esthètes, souvent snobinards au départ d'ailleurs ! Je pense à Tati, Goddard, etc ...

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Effectivement et je suis très loin d'être et de vouloir cela :D j'aurai même tendance à le fuir et ce à toutes jambes...c'est ce qui m'a éloigné du monde de la peinture et de la sculpture

je faisais, dans mon esprit, un comparatif avec la peinture que je pratique depuis fort longtemps et où je me suis retrouvé dans le mouvement de "l'art concret".

Mais je perçois et entends bien votre perception que je rejoins tout à fait!!!

"mais en ce qui concerne le marcheur je conserverai dans ce film ce mouvement de tête, les autres plans tournés sur cette petite digue avec le port de tête droit me conviennent moins, attitude trop figée etc..." mis entre guillemets pour signifier que je le dis tout doucement :lol:

Sachez en tout cas que j'apprécie notre échange et que je vous en remercie grandement.

@+gilbert.

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    • Merci manober, Je regrette d’avoir voulu porter des légendes à l’écran. C’est un exercice périlleux. Par nature, une légende populaire ancienne est faite pour être racontée par un conteur. La transmission orale de génération en génération laissait un espace à l’imagination de chaque auditeur. Chaque dépositaire de l’histoire l’adaptait à ses préoccupations, ses superstitions, ses peurs et ses fantasmes. C’est une histoire vivante qui évolue avec les gens. Anatole le Braz est un de ces collecteurs du 19ème siècle, qui a recueilli des légendes auprès de gens et qui en a fait une œuvre littéraire. C’est un instantané de 1893 qui a le mérite de sauver le patrimoine culturel de l’oubli. Nos ancêtres ne connaissaient pas Netfix et Youtube. Porter une légende à l’écran, c’est lui enlever sa nature profonde. L’expression orale n’est pas seulement sa forme, mais la raison de son existence. Donner à voir un démon qui n’existe que dans l’imagination, c’est déjà trahir la légende. Sauf, peut être, si on est capable d’en faire du second degré. Mais ce n’est pas évident à réaliser.
    • Bonjour Charlie et Comemich, Moi, j'ai apprécié l'originalité du sujet, et surtout l'opposition, l'affrontement de vos points de vue respectifs.   manober
    • Merci Jean Charles, Je comprend ton exigence. Tu conditionnes ton attention à la nécessité d'entrer dans le film et d'y être captivé. Je suis marqué par le souvenir de l'époque où j'aillais au ciné-club. On visionnait un film hollywoodien avec Marlon Brando. Puis l'animateur du débat qui suivait nous faisait raconter le "happy end". On s'apercevait alors qu'après avoir été captiver par l'histoire du héro, le cinéaste nous faisait prendre cette fin heureuse pour une issue souhaitable. Personne dans le public n'avait compris que la grève courageuse des ouvriers n'avait rien changé à l'exploitation des travailleurs, et que tout reviendrait comme avant, dans le meilleur des mondes. Le cinéaste (maccarthysme) nous avait captivés et menés par le bout du nez sans qu'on s'aperçoive de rien. Je suis profondément marqué par cette expérience, et je ne regarderai plus jamais un film comme avant. Je défend la distance critique du spectateur. Je fais appel à son jugement avant son émotion. Je suis prétentieux en appelant ça "Post nouvelle vague". Mais c'est une idée qui me fascine. 
    • Moi aussi je me sens mal compris...  Je fais abstraction du côté IA, mais quand je regarde une création, quelle qu'elle soit, j'essaie d'être captivé et d'y entrer.. Et là je suis devant la barrière IA qui m'en empêche... J'ai par contre bien apprécié la voix féminine, assez naturelle à mon sens ... quelle IA pour elle ?   Tiens l'exemple inverse : Je ne suis pas non plus pro film d'animation et je zappe en général, mais un m'a presque amené aux larmes  : La plus précieuse des marchandises... Là j'étais dans l'histoire, malgré le style. Donc je comprends bien ta finalité et elle est intéressante et sans  doute chronophage...
    • Merci pour ta réponse. Je me sens mal compris. Je ne cherche pas à faire de la vidéo virale.  Ce n''est pas mon truc de faire le top dix des gamelles en bicyclette (hilarant !). Je ne cherche pas non plus à accrocher le spectateur pour collectionner les likes. Mon truc, c'est d'apprendre à manipuler les images et les sons pour parler de ce qui m'intéresse. Je ne vais pas essayer de faire croire à des histoires auxquelles je ne crois pas moi même. Le cinéma est artificiel par nature. Je trouve intéressant d'évoquer les superstitions et les légendes populaires anciennes. La plupart des images sont des fantasmes et je suis content que ça se voit. Car, au second degré, ça nous en dit long sur les mœurs et coutumes d'autrefois. Je comprend que ça ne passionne pas les foules. Ce n'est pas le but non plus. Un mot pour finir, sur l'intelligence artificielle: On peut trouver ça dérangeant. Je le comprend bien. Mais qu'est ce que j'aurais pu faire sans l'IA ? Oui c'est artificiel. Oui ça se voit. Tant mieux !
    • Un peu seul l'ami Michel et je le comprends... J'ai regardé, et j'avoue, tout en sachant le travail que ça représente, que je n'arrive pas à accrocher... Trop "artificiel" à mon goût et je n'arrive pas à entrer dans l'histoire. Désolé Michel, c'est un nouveau genre et il va falloir qu'on s'y habitue...   
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