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Un documentaire de 3 millions de vues

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Thierry P.
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3 millions de vues sur Youtube pour un film, c'est déjà un petit exploit. Il faut faire obligatoirement rire, filmer des chats électrisés qui se plantent, s'appeler Norman, Cyprien, avoir filmé un scoop, ou parcourir le monde entier en dansant sur un pied. Et il faut que ça soit court... pas plus de 3 à 10 minutes maxi !

3 millions de vues pour un film de 34 minutes, c'est déjà nettement plus rare...

3 millions de vues pour un documentaire, à base de personnes totalement inconnues qui parlent à l'écran, là, on se frotte les yeux...

C'est pourtant le joli tour de force qu'a réussi Werner Herzog avec un film sur la prévention des accidents au volant. les témoignages sont réels. Poignants mais sans violence physique, sinon la violence de ce qui est exprimé, accompagné de quelques photos, mais très peu et jamais plein écran.

Et c'est sans doute là la force du film. Des mots. Une mise en scène soignée. Un sens du cadrage. Un film aux antipodes des films de prévention fictionnels qui ne convainquent personne (puisque c'est faux) ou des images chocs qui font détourner le regard (car c'est trop violent).

Pour ceux qui ne connaîtraient pas Werner Herzog, ce grand monsieur n'est pas un réalisateur de documentaires. Ses deux oeuvres les plus connues sont celles de sa mise en scène de Aguirre, la colère de Dieu et de Fitzcarraldo, un des films les plus fous de l'histoire du cinéma, autant par son histoire (celle d'un bateau qui tente de gravir une montagne dans la jungle amazonienne !) que par les conditions du tournage (Herzog a failli tuer son acteur, Klaus Kinski, avec un pistolet). Il faut dire que le tandem entretenait des rapports psychopathologiques hautement électriques...

Comme quoi, la sagesse vient au fil des ans... :wiseman:

Le documentaire est en anglais mais les personnes articulent plutôt bien.

C'est mon coup de coeur de la semaine... :sm42-2:

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  • DISCUSSIONS RÉCENTES

    • Merci manober, Je regrette d’avoir voulu porter des légendes à l’écran. C’est un exercice périlleux. Par nature, une légende populaire ancienne est faite pour être racontée par un conteur. La transmission orale de génération en génération laissait un espace à l’imagination de chaque auditeur. Chaque dépositaire de l’histoire l’adaptait à ses préoccupations, ses superstitions, ses peurs et ses fantasmes. C’est une histoire vivante qui évolue avec les gens. Anatole le Braz est un de ces collecteurs du 19ème siècle, qui a recueilli des légendes auprès de gens et qui en a fait une œuvre littéraire. C’est un instantané de 1893 qui a le mérite de sauver le patrimoine culturel de l’oubli. Nos ancêtres ne connaissaient pas Netfix et Youtube. Porter une légende à l’écran, c’est lui enlever sa nature profonde. L’expression orale n’est pas seulement sa forme, mais la raison de son existence. Donner à voir un démon qui n’existe que dans l’imagination, c’est déjà trahir la légende. Sauf, peut être, si on est capable d’en faire du second degré. Mais ce n’est pas évident à réaliser.
    • Bonjour Charlie et Comemich, Moi, j'ai apprécié l'originalité du sujet, et surtout l'opposition, l'affrontement de vos points de vue respectifs.   manober
    • Merci Jean Charles, Je comprend ton exigence. Tu conditionnes ton attention à la nécessité d'entrer dans le film et d'y être captivé. Je suis marqué par le souvenir de l'époque où j'aillais au ciné-club. On visionnait un film hollywoodien avec Marlon Brando. Puis l'animateur du débat qui suivait nous faisait raconter le "happy end". On s'apercevait alors qu'après avoir été captiver par l'histoire du héro, le cinéaste nous faisait prendre cette fin heureuse pour une issue souhaitable. Personne dans le public n'avait compris que la grève courageuse des ouvriers n'avait rien changé à l'exploitation des travailleurs, et que tout reviendrait comme avant, dans le meilleur des mondes. Le cinéaste (maccarthysme) nous avait captivés et menés par le bout du nez sans qu'on s'aperçoive de rien. Je suis profondément marqué par cette expérience, et je ne regarderai plus jamais un film comme avant. Je défend la distance critique du spectateur. Je fais appel à son jugement avant son émotion. Je suis prétentieux en appelant ça "Post nouvelle vague". Mais c'est une idée qui me fascine. 
    • Moi aussi je me sens mal compris...  Je fais abstraction du côté IA, mais quand je regarde une création, quelle qu'elle soit, j'essaie d'être captivé et d'y entrer.. Et là je suis devant la barrière IA qui m'en empêche... J'ai par contre bien apprécié la voix féminine, assez naturelle à mon sens ... quelle IA pour elle ?   Tiens l'exemple inverse : Je ne suis pas non plus pro film d'animation et je zappe en général, mais un m'a presque amené aux larmes  : La plus précieuse des marchandises... Là j'étais dans l'histoire, malgré le style. Donc je comprends bien ta finalité et elle est intéressante et sans  doute chronophage...
    • Merci pour ta réponse. Je me sens mal compris. Je ne cherche pas à faire de la vidéo virale.  Ce n''est pas mon truc de faire le top dix des gamelles en bicyclette (hilarant !). Je ne cherche pas non plus à accrocher le spectateur pour collectionner les likes. Mon truc, c'est d'apprendre à manipuler les images et les sons pour parler de ce qui m'intéresse. Je ne vais pas essayer de faire croire à des histoires auxquelles je ne crois pas moi même. Le cinéma est artificiel par nature. Je trouve intéressant d'évoquer les superstitions et les légendes populaires anciennes. La plupart des images sont des fantasmes et je suis content que ça se voit. Car, au second degré, ça nous en dit long sur les mœurs et coutumes d'autrefois. Je comprend que ça ne passionne pas les foules. Ce n'est pas le but non plus. Un mot pour finir, sur l'intelligence artificielle: On peut trouver ça dérangeant. Je le comprend bien. Mais qu'est ce que j'aurais pu faire sans l'IA ? Oui c'est artificiel. Oui ça se voit. Tant mieux !
    • Un peu seul l'ami Michel et je le comprends... J'ai regardé, et j'avoue, tout en sachant le travail que ça représente, que je n'arrive pas à accrocher... Trop "artificiel" à mon goût et je n'arrive pas à entrer dans l'histoire. Désolé Michel, c'est un nouveau genre et il va falloir qu'on s'y habitue...   
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